Les traitements
 
 
 

En préambule, il est à noter que beaucoup de patients n’osent pas parler à leur médecin de leur impuissance, sujet ressenti comme tabou notamment quand il s’agit de jeunes adultes ou de seniors.

 

Cette difficulté à dire les choses est aussi une réalité pour nombre de médecins généralistes ou spécialistes. Ils ont parfois peur de gêner leurs patients en posant des questions intimes alors qu’un questionnement ciblé permettrait de diagnostiquer et de soulager au plus tôt la souffrance morale liée à l’impuissance [1].

 

Les traitements de l’impuissance sont nombreux mais leur efficacité est très diverse d’une méthode à l’autre et surtout varie selon les causes de l'impuissance. On peut néanmoins les classer en trois grandes familles : les érecteurs à dépression (vacuum) aussi appelés pompes à vide, les médicaments et les prothèses chirurgicales.

 

On distingue aussi les traitements de première intention (le plus souvent les comprimés) et les traitements de seconde intention (les traitements locaux : érecteurs à dépression, injections et prothèses chirurgicales).

 

Cependant il appartient au patient - après information éclairée - de participer au choix de son traitement en devenant ainsi acteur de sa santé.

 

    
 
 

 

Erecteur à dépression (vacuum)

 

Le principe est très simple et a été découvert il y a plus de 30 ans. Il s’agit tout d’abord d’aspirer le sang dans le pénis en actionnant une pompe à dépression qui va induire une érection puis va la maintenir grâce à un anneau qui se place à la base du pénis. Cet anneau empêchera le sang de sortir des corps caverneux et assurera ainsi  la rigidité de l’érection.

 

C'est un traitement de seconde intention particulièrement recommandé dans les cas de dysfonctionnements érectiles sévères.

 

  Photo d'un érecteur à dépression

Erecteur à dépression

 

  Avantages :

 

  • Excellents résultats sur les sujets présentant les troubles les plus graves (diabète, cancer de la prostate...)

  • Solution mécanique non médicamenteuse sans effets secondaires

  • Technique non invasive

  • Faible coût à l’usage

  • Disparition de l'érection après retrait de l'anneau

 

  
 
Limites :
  • L' anneau de constriction doit être retiré après 30 minutes

  • possibilité de sensation de verge froide et de quelques pétéchies disparaissant rapidement
 
 
 

Traitement médicamenteux

 

Il existe trois types de traitement :

les comprimés, l'injection intra-caverneuse, l'injection intra-urétrale.

 

Les comprimés  (Sildénafil, Tadalafil, Vardenafil…) - médicaments récents- sont les traitements de première intention sauf dans certains cas de dysfonctionnements érectiles sévères. Ils facilitent et amplifient l'érection sous toute réserve d'une stimulation sexuelle appropriée. Le risque d’interactions médicamenteuses et d’effets secondaires sont réels.

  
    Photo de capsules
 Avantages :
  • Confort de prise de médicament (voie entérale) pour les comprimés
  • Bonne efficacité et tolérance  chez beaucoup de patients
 

Médication orale

 Limites :
  • Efficacité plus faible chez les sujets sévèrement atteints
  • Risques d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses
  • Coût élevé pour une consommation régulière
  
 L’injection intracaverneuse (Alprostadil) est utilisée en seconde intention par les patients souffrant de problèmes organiques sérieux. Le protocole d’utilisation est contraignant : Il y a une phase de reconstitution du lyophilisat, un dosage, une désinfection du point d’injection,  l’injection à proprement parlé dans le pénis. L'Aprostadil induit une érection qui se poursuit localement jusqu'à ce que le produit soit métabolisé localement. Photo d'une aiguille et d'un flacon de lyophilisat
 Avantages :
  • Bonne efficacité si la dose est adéquate
 
 Limites :
  • Douleur aigues dans la verge dans 14% des cas [2].
  • Protocole d’utilisation difficile : 10 à 20% des patients ont des difficultés à s'injecter le produit correctement dans la verge [2].
  • Risque de priapisme de fibrose ou d'hématomes
  • Obstacles psychologiques du fait de la méthode invasive (peur de se piquer dans la verge)
  • Après la délivrance, attendre jusqu'à 10 minutes avant l'obtention d'une érection complète
  • L'érection peut se prolonger après le rapport avec une durée variable suivant les doses injectées et le métabolisme du patient
  • Le taux d'abandon du traitement avec l'injection intracaverneuse est très élevé (60%) sur une période longue  [3]
 

Injection intracaverneuse

           
 L'injection intra-urétrale - traitement local de deuxième intention - consiste à introduire dans méat urétral du gland un petit dispositif qui délivre un gel solidifié de médicament (Aprostadil), induisant une érection.    
         
   Avantages :  
  • Permet d'éviter l'injection intra-caverneuse et protocole plus simple que les injections
     
   Limites :  
  • Risque de sensation de brûlures dans l'urètre pendant et/ou après la pose
  • Risque d'irritation de l'urètre
  • Efficacité très variable d'un sujet à l'autre
  • Pose d'un anneau de constriction parfois nécessaire pour améliorer l'érection
  • Après la délivrance, attendre jusqu'à 10 minutes avant l'obtention d'une érection complète
  • Coût élevé pour une consommation régulière
    
 

Chirurgie

 

Traitement de dernier recours, peu accepté par les patients même si  des progrès ont été réalisés au niveau technique. Plusieurs types de prothèses existent principalement les prothèses malléables rigides ou hydrauliques :

 
 
  Avantages :
  • Permet de retrouver une rigidité du pénis
 
  Limites :
  • Rigidité permanente (prothèse malléable)

  • Risque de fuites de la prothèse (prothèse hydraulique) du fait de l’usure

  • Mise en œuvre du système complexe (dextérité)

  • Obstacles psychologiques du fait de l'irréversibilité de l'opération

  • Risque de complications infectieuses.

 

 

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NB : Si vous n'arrivez pas à lire les définitions des mots soulignés en bleu, cliquez ici.

Références bibliographiques :

[1] Leriche A., et al. Enquête sur la prévalence des troubles de l'érection et leur prise en charge chez les patients à risque suivis en consultation de médecine générale. AFU, Paris, 15-19 Novembre 2000, résumé 03.

[2] Evans C: Complications of intracavernosal therapy for impotence, in Carson C, Kirby R, Goldstein I (Eds): Textbook of Erectile Dysfunction. Oxford, Isis Medical Media, 1999, pp 365–370.

[3] Turner LA, Althof SE, Levine SB, Bodner DR, Kursh ED, Resnick MI (1992) Twelve-month comparison of two treatments for erectile dysfunction: self-injection versus external vacuum devices. Urology 39:139-144.